Dominique Strauss-Kahn a remis vendredi 9 février à Ségolène Royal un rapport sur la fiscalité. La candidate socialiste devrait en tenir compte lors de la présentation de son programme dimanche 11 février. Dans ce rapport, l'ancien ministre de l'économie et des finances de Lionel Jospin définit quatre grandes priorités : redonner de la compétitivité à notre économie, lutter contre une dette publique insoutenable, préserver l'environnement et rénover un modèle social français malmené.

Pour lutter contre la dette, DSK souligne qu'il ne faut surtout pas baisser les prélèvements obligatoires. Une réforme de l'Etat serait également nécessaire afin d'améliorer l'efficacité de la dépense publique.
DSK fait ensuite une série de propositions concrètes :
-- concernant les taux d'imposition, instaurer un nouveau barème fondé sur le taux réel d'imposition et non sur les taux marginaux.
-- instaurer la retenue à la source.
-- revenir sur les largesses prévues pour 2007 au profit des contribuables les plus aisés et supprimer le bouclier fiscal.
-- réduire le nombre de niches fiscales et en plafonner le montant.
-- s'opposer à la mise en cause de l'ISF (qui pourrait être réformer mais sans diminution de son produit), et s'opposer à l'allègement des droits de succession.
-- instaurer une contribution citoyenne qui sera payée en fonction de ses capacités contributives par tout français établi à l'étranger et ne payant pas d'impôts en France. Contribution notamment instaurée par les Etats-Unis et la Suisse.
-- assurer une pression fiscale locale plus juste pour les ménages, notamment en supprimant la taxe d'habitation.
-- rénover les bases de la taxe professionnelle afin qu'elles tiennent mieux compte de la valeur ajoutée des entreprises, réformer les dotations de l'Etat aux collectivités territoriales.
-- faciliter le mouvement de spécialisation des impôts locaux.
-- obligation de présenter les lois de financement de la sécurité sociale à l'équilibre.
-- engager une grande négociation sur les retraites, les salaires, le pouvoir d'achat et la formation sur le modèle du "Pacte de Tolède" en Espagne afin de dégager un nouveau compromis social.
-- utiliser la TVA pour favoriser les produits respectueux de l'environnement et instaurer un taux réduit de TVA applicable à la construction de logements respectant des normes environnementales.
-- taxer à l'importation les produits provenant de pays pollueurs, supprimer l'exonération de TIPP dont bénéficient les carburants utilisés par le transport aérien et instaurer un prélèvement exceptionnel payé par les entreprises pétrolières.
-- réformer l'IS (impôt sur les sociétés) en modulant son taux sur une logique de bonus-malus. Même chose pour les exonérations de cotisations sociales.
-- instaurer un taux d'imposition minoré sur les bénéfices des PME et TPE.
-- instaurer une assiette de l'IS commune à la France et à l'Allemagne.
-- maîtriser, évaluer et contrôler la dépense publique en instaurant une norme d'évolution de la dépense publique qui sera définie dans un cadre pluri-annuel.
En espérant que Ségolène Royal tienne compte de ces propositions social-démocrates lors de l'élaboration de son programme qu'elle présentera dimanche 11 février à 14h30.
Par ailleurs, DSK a apporté hier à l'AFP des précisions concernant sa proposition de contribution citoyenne. Elle ne devrait concerner que 5 à 10% des expatriés, soit ceux qui gagnent environ 15 fois le SMIC. "Il faudra mettre la barre suffisamment haut pour être sûr de ne toucher que les gens ayant de très haut revenus, dont la plupart ont décidé de partir à l'étranger pour des raisons d'optimisation fiscale". "Une partie de l'argent ainsi collecté sera versé au développement des lycées français à l'étranger pour servir ceux qui s'expatrient pour aller travailler normalement", explique DSK. "Quand on a bénéficié du système français, notamment en matière de formation, qui est quand même l'un des rares systèmes totalement gratuit au monde, on doit quelque chose à son pays". "Ce genre de mesures existent pour les Américains hors des Etats-Unis et pour les Suisses hors de Suisse, pays qui ne sont quand même pas considérés comme des coupe-gorge fiscaux. Dans ces pays-là, le fait d'avoir la nationalité, c'est pas rien".
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