Dimanche 11 février 2007 7 11 /02 /Fév /2007 10:12

            Dominique Strauss-Kahn a remis vendredi 9 février à Ségolène Royal un rapport sur la fiscalité. La candidate socialiste devrait en tenir compte lors de la présentation de son programme dimanche 11 février. Dans ce rapport, l'ancien ministre de l'économie et des finances de Lionel Jospin définit quatre grandes priorités : redonner de la compétitivité à notre économie, lutter contre une dette publique insoutenable, préserver l'environnement et rénover un modèle social français malmené.

© AFP

Pour lutter contre la dette, DSK souligne qu'il ne faut surtout pas baisser les prélèvements obligatoires. Une réforme de l'Etat serait également nécessaire afin d'améliorer l'efficacité de la dépense publique.

DSK fait ensuite une série de propositions concrètes :

                                      -- concernant les taux d'imposition, instaurer un nouveau barème fondé sur le taux réel d'imposition et non sur les taux marginaux.

                                       -- instaurer la retenue à la source.

                                       -- revenir sur les largesses prévues pour 2007 au profit des contribuables les plus aisés et supprimer le bouclier fiscal.

                                       -- réduire le nombre de niches fiscales et en plafonner le montant.

                                       -- s'opposer à la mise en cause de l'ISF (qui pourrait être réformer mais sans diminution de son produit), et s'opposer à l'allègement des droits de succession.

                                        -- instaurer une contribution citoyenne qui sera payée en fonction de ses capacités contributives par tout français établi à l'étranger et ne payant pas d'impôts en France. Contribution notamment instaurée par les Etats-Unis et la Suisse.

                                         -- assurer une pression fiscale locale plus juste pour les ménages, notamment en supprimant la taxe d'habitation.

                                         -- rénover les bases de la taxe professionnelle afin qu'elles tiennent mieux compte de la valeur ajoutée des entreprises, réformer les dotations de l'Etat aux collectivités territoriales.

                                         -- faciliter le mouvement de spécialisation des impôts locaux.

                                         -- obligation de présenter les lois de financement de la sécurité sociale à l'équilibre.

                                          -- engager une grande négociation sur les retraites, les salaires, le pouvoir d'achat et la formation sur le modèle du "Pacte de Tolède" en Espagne afin de dégager un nouveau compromis social.

                                          -- utiliser la TVA pour favoriser les produits respectueux de l'environnement et instaurer un taux réduit de TVA applicable à la construction de logements respectant des normes environnementales.

                                          -- taxer à l'importation les produits provenant de pays pollueurs, supprimer l'exonération de TIPP dont bénéficient les carburants utilisés par le transport aérien et instaurer un prélèvement exceptionnel payé par les entreprises pétrolières.

                                           -- réformer l'IS (impôt sur les sociétés) en modulant son taux sur une logique de bonus-malus. Même chose pour les exonérations de cotisations sociales.

                                           -- instaurer un taux d'imposition minoré sur les bénéfices des PME et TPE.

                                           -- instaurer une assiette de l'IS commune à la France et à l'Allemagne.

                                           -- maîtriser, évaluer et contrôler la dépense publique en instaurant une norme d'évolution de la dépense publique qui sera définie dans un cadre pluri-annuel.

En espérant que Ségolène Royal tienne compte de ces propositions social-démocrates lors de l'élaboration de son programme qu'elle présentera dimanche 11 février à 14h30.

Par ailleurs, DSK a apporté hier à l'AFP des précisions concernant sa proposition de contribution citoyenne. Elle ne devrait concerner que 5 à 10% des expatriés, soit ceux qui gagnent environ 15 fois le SMIC. "Il faudra mettre la barre suffisamment haut pour être sûr de ne toucher que les gens ayant de très haut revenus, dont la plupart ont décidé de partir à l'étranger pour des raisons d'optimisation fiscale". "Une partie de l'argent ainsi collecté sera versé au développement des lycées français à l'étranger pour servir ceux qui s'expatrient pour aller travailler normalement", explique DSK. "Quand on a bénéficié du système français, notamment en matière de formation, qui est quand même l'un des rares systèmes totalement gratuit au monde, on doit quelque chose à son pays". "Ce genre de mesures existent pour les Américains hors des Etats-Unis et pour les Suisses hors de Suisse, pays qui ne sont quand même pas considérés comme des coupe-gorge fiscaux. Dans ces pays-là, le fait d'avoir la nationalité, c'est pas rien".

Par Florian Ringuet-Dintilhac - Publié dans : politic-actu
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Dimanche 4 février 2007 7 04 /02 /Fév /2007 10:20

            A moins de trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, voici quelques extraits de sites internet permettant de mieux comprendre les enjeux de cette élection et peut-être de vous aider à faire votre choix.

L'eurodéputé PS Pierre Moscovici, proche de Dominique Strauss-Kahn, livre sur son blog une analyse très pertinente de la candidature de François Bayrou : http://moscovici.typepad.fr/blognational/2007/02/franois_bayrou_.html

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy se sont déjà affrontés sur un plateau de télévision. C'était le 21 mars 1993 lors de la campagne des législatives. Ségolène ne se laisse pas faire devant un Sarko plus tête à claques que jamais : http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&from=fulltext&full=royal+sarkozy&num_notice=1&total_notices=2

Comment engager la France sur le terrain des réformes? L'économiste Eric Le Boucher tente de répondre à cette question dans son éditorial du Monde : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-863310,0.html

Les médias dictent-ils le rythme de la campagne présidentielle? Malheureusement oui comme le constatait Michel Rocard dans une interview à Sens public le 31 octobre 2006 : http://www.sens-public.org/article.php3?id_article=355

Il est toujours bon de lire les commentaires éclairants de Jacques Attali (ancien conseiller spécial de François Mitterrand) sur l'actualité : http://blogs.lexpress.fr/attali/

La politique internationale et européenne est malheureusement la grande absente de la campagne. On se rendra donc sur le site d'Hubert Védrine (ministre des affaires affaires étrangères de Lionel Jospin et conseiller diplomatique de François Mitterrand) pour avoir un avis sur la question. A recommender à tous les candidats! : http://www.hubertvedrine.net/

Quel est le coût réel des programmes des candidats? Réponse sur le site Débat2007 : http://www.debat2007.fr/index.php?id=23

Quels ont été les votes de Ségolène Royal, députée PS, à l'Assemblée nationale? La réponse en cliquant sur ce lien : http://www.mon-depute.com/ Vous pouvez également consulter les votes de Nicolas Sarkozy, ou plutôt les non votes du recordman du cumul des fonctions qui du coup ne fait pas grand-chose.  

Êtes-vous de droite, de gauche, au centre, aux extrêmes? Pour le savoir, répondez aux questions de ce test : http://www.politest.fr/questionnaire/page1.php

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Dimanche 28 janvier 2007 7 28 /01 /Jan /2007 09:51

            Le traité constitutionnel européen rejeté par les français et les néerlandais au printemps 2005 revient enfin dans l'actualité européenne. Vendredi 26 janvier dernier, les 18 Etats ayant ratifiés le texte se sont réunis à Madrid à l'initiative de l'Espagne et du Luxembourg, les deux seuls pays ayant ratifié le texte par référendum. L'Irlande et le Portugal ont également participé à cette réunion à leur demande. Le but de cette réunion étant de permettre à la présidence allemande d'avancer des propositions d'ici le conseil européen de juin prochain. Les 20 Etats présents à Madrid reconnaissent néanmoins qu'aucun nouveau projet de traité constitutionnel ne sera possible sans la France et les Pays-Bas. "Nous sommes près à améliorer le traité et nous voulons savoir ce qui ne va pas de la part de la France et des Pays-Bas", a ainsi déclaré le ministre luxembourgeois délégué aux affaires européennes, Nicholas Schmidt. Mais le fait que les 18 Etats ayant ratifié le traité constitutionnel fassent entendre leur voix, la voix du "oui", est un soulagement et une satisfaction pour tous les européens convaincus que ce texte constitue un progrès indispensable dans la construction européenne. Il est ainsi paradoxal de voir que ce sont les pays du "oui" qui proposent un plan B, alors que la logique aurait voulu que cette initiative appartienne aux pays du "non". Mais c'est chose impossible compte tenu de l'extrême hétérogénéité des "non" français et néerlandais.

Du côté de la présidence allemande de l'UE, l'heure est également à la prise d'initiative. Il faut dire qu'Angela Merkel souhaite afficher un bilan positif concernant son passage à la tête de l'UE afin de confirmer encore un peu plus sa stature au plan international. Ainsi, dans un courrier du 2 janvier dernier adressé aux Etats membres, la chancelière allemande a demandé à chaque gouvernement de désigner deux "sherpas" qui auront pour objectif de discuter de la modification du traité d'ici le conseil européen des 21 et 22 juin qui marquera la fin de la présidence allemande. Angela Merkel confirme ainsi la priorité donnée par sa présidence à l'indispensable relance des institutions dans une Europe désormais à 27. Cette initiative rassurera sans doute les européens ayant placé beaucoup d'espoir dans la présidence allemande pour relancer la construction européenne.

La relance de la construction européenne ne sera pas possible sans la France, pays fondateur. Malheureusement, il ne faudra rien attendre de la part de ce pays d'ici le mois de mai pour cause d'élection présidentielle. L'avenir de la construction européenne dépend donc de l'orientation que donnera le futur président français. Du côté de Nicolas Sarkozy, on propose un "mini-traité". Le candidat de l'UMP semble manquer d'ambition en oubliant qu'une Europe n'est forte que lorsqu'elle est grande. Il lui faudra proposer autre chose qu'une "mini-Europe". Ségolène Royal propose quant à elle l' "Europe par la preuve". C'est sans doute nécessaire dans une Europe qui connait un taux de croissance insuffisant, mais cela n'est pas suffisant. Quelles que soient les propositions des favoris de l'élection présidentielle française, ils ne devront pas oublier, comme le rappelle notamment Dominique Strauss-Kahn, que la relance européenne ne sera pas possible sans le moteur franco-allemand. Angela Merkel en a également conscience. Ce qui explique son manque d'enthousiasme concernant la réunion informelle de Madrid.

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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 10:40

           

            Alors que le débat présidentiel s'engage sur un combat d'images, je vous propose de nous intéresser aux véritables questions auxquelles les futurs dirigeants français auront à répondre lors de leur élection au printemps prochain. Lisez pour cela l'interview accordé par Michel Rocard à France Télévision. L'ancien Premier Ministre de François Mitterrand de 1988 à 1991 dresse l'état actuel de la France, qui "n'est pas en déclin" mais "continue à croître moins vite que d'autres" pays, et rappelle que la solution aux problèmes français passe par l'Europe.

Cliquez sur le lien suivant pour lire cette interview à des années lumières de la vacuité du discours des candidats à l'élection présidentielle : http://elections.france3.fr/presidentielles/2007/dossier/27197705-fr.php?page=1

 

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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /Jan /2007 17:02

            Le 1er janvier 2007 aurait dû marquer un anniversaire à fêter pour les français : les 5 ans de l'entrée en vigueur de la monnaie unique européenne, l'euro. Mais tel ne fut pas le cas. Bien au contraire, l'euro semble être devenu le nouveau bouc-émissaire d'un pays toujours réticent à regarder ses véritables problèmes en face.

Les hommes politiques français sont dans leur majorité responsables du rejet de la monnaie unique par les français. On peut ainsi trouver un point commun à tous les candidats à l'élection présidentielle : la critique de l'euro via la critique de la Banque Centrale Européenne (BCE). Seul François Bayrou ne participe pas à cette démagogie. Car de démagogie il s'agit bien. Les hommes politiques français sont une fois de plus trop heureux de pouvoir faire oublier leur manque de courage réformateur en accusant l'Europe : "L'euro est beaucoup trop fort par rapport au dollar! Cela tue nos exportations! M. Trichet (président de la BCE) est dangereux...". La vérité est autre.

L'économiste Elie Cohen constate ainsi que "la hausse de l'euro met en lumière la mauvaise spécialisation de notre industrie et l'inadaptation de notre commerce extérieur". Aujourd'hui, 1 dollar vaut 1, 32 euros. La bonne fourchette se situant entre 1, 25 et 1, 30. Premièrement, l'euro n'est donc pas à un niveau exceptionnellement haut. Deuxièmement, dès que l'euro dépasse cette parité de 1, 30 on constate que le commerce extérieur de la France se dégrade et apporte ainsi une contribution négative à la croissance. D'où la remarque juste d'Elie Cohen. De plus, il ne faudrait pas surestimer le poids de l'industrie dans l'économie nationale. La part de l'industrie dans le PIB était de 13, 60% en 2005 en France (ce qui représente seulement 3, 8 millions d'emplois) contre 23, 70% pour l'Allemagne. La France a un déficit commercial de 30 milliards et l'Allemagne un excédent de 158 milliards. Ces deux pays ont pourtant la même monnaie! L'euro n'est donc absolument pas responsable des mauvais résultats de nos exportations. Mieux vaut se tourner vers l'état de notre industrie pour apporter des solutions.

Non seulement l'euro ne nous pénalise pas mais, en plus, il procure des avantages. "Un euro fort, c'est une facture de gaz et de pétrole qui baisse" rappelle encore Elie Cohen. Le baril de pétrole étant côté en dollar, un euro plus fort que le dollar permet d'acheter moins cher que si l'euro était plus faible que le dollar ou que si nous avions encore le franc. Même raisonnement pour le gaz dont le prix est indexé sur le prix du pétrole. La facture de gaz est aujourd'hui très élévée pour les ménages français, et elle le serait beaucoup plus sans un euro fort. Autres avantages de l'euro rappelés par Elie Cohen : "L'euro nous protège des crises monétaires et des dévaluations en catastrophe qui ont souvent secoué l'Europe. Il a pacifié les relations européennes. Et c'est important, car nos économies sont fortement intégrées. Chacun est dépendant de son voisin".

Quid maintenant de la fameuse BCE, cible des attaques françaises? La hausse de mi-décembre des taux d'intérêts de 3, 25 à 3, 50% n'aura aucun effet négatif sur la croissance selon les économistes. Ces taux seraient trop élevés selon la plupart des hommes politiques français. Ils constituent en vérité les plus bas du monde excepté le Japon. Le véritable problème vient en fait de la politique d'austérité menée par la BCE au moment où le cycle économique appelle au contraire une relance. C'est le constat que fait notamment Pierre Moscovici, député socialiste européen proche de Dominique Strauss-Kahn. L'action de la BCE est en effet concentrée sur le seul combat contre l'inflation. Comment remédier à ce problème? Certainement pas en remettant en cause l'indépendance de la BCE. Une démocratie se caractérise en effet notamment par l'indépendance de sa banque centrale. La solution se trouverait plutôt du côté des Etats-Unis selon Pierre Moscovici. La FED a en effet un objectif de stabilité des prix couplé à un objectif de recherche de la croissance et de l'emploi. Le tout en dialoguant avec l'exécutif. Il est temps que les dirigeants européens et en particulier français proposent la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro. L'Eurogroupe, créé en 1997 à l'initiative de DSK, en constitue une ébauche. Il faut faire de l'Eurogroupe une véritable institution de l'Union Européenne. Le traité constitutionnel rejeté par les français le 29 mai 2005 aurait permis cette institutionnalisation.

Aux hommes politiques français de prendre l'initiative de proposer des réformes au niveau européen plutôt que de prononcer de beaux discours bien démagogiques. Vive l'euro!

 

 

Par Florian Ringuet-Dintilhac - Publié dans : politic-actu
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Samedi 16 décembre 2006 6 16 /12 /Déc /2006 11:31

            Les ministres des affaires étrangères des 25 pays membres de l'Union Européenne ont décidé, lundi 11 décembre, de suspendre les négociations en vue de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Les négociations bloquent sur 8 chapitres concernant l'union douanière, la Turquie refusant toujours d'étendre son union douanière à Chypre. Les chefs d'Etat et de gouvernement des 25 ont pris acte de cette décision lors du sommet de Bruxelles des 14 et 15 décembre sous présidence finlandaise.

La perspective d'une prochaine adhésion de la Turquie à l'UE séloigne donc à nouveau. Ce d'autant plus qu'une vague de scepticisme semble gagner l'Europe et plus particulièrement la France concernant l'adhésion turque. La droite française est ultra-majoritairement hostile à cette adhésion. François Bayrou et Nicolas Sarkozy, les deux principaux candidats de la droite pour l'élection présidentielle de 2007, sont ouvertement hostiles à l'adhésion de la Turquie. Lors du second forum de l'UMP, vendredi 15 décembre, M. Sarkozy expliquait avec une certaine vacuité intellectuelle que la Turquie était un pays d'Asie mineure qui n'avait aucune valeur commune avec les européens. Le candidat de l'UMP oubliant de rappeler que Chypre, membre de l'UE, n'appartient géographiquement pas à l'UE et que la Turquie partage avec la France l'idée de laïcité. A droite, seuls Jacques Chirac et Dominique de Villepin sont plutôt favorables à l'entrée de la Turquie dans l'UE. Rien d'étonnant à cela puisque ce sont les deux personnalités politiques de droite ayant la plus grande expérience internationale.

Au Parti Socialiste, la situation n'est guère plus réjouissante. Seul Dominique Strauss-Kahn affiche ouvertement son souhait de voir la Turquie adhérer prochainement à l'UE. Laurent Fabius est plutôt contre, quant à Ségolène Royal, elle n'a toujours pas d'avis sur la question. Pierre Moscovici, proche de DSK et également favorable à l'adhésion turque, vient de perdre la présidence de la branche française du Mouvement européen. Sylvie Goulard en est devenue la présidente. Turco-sceptique, elle a notamment défendu, dans les Notes de la fondation Robert Schuman, la fameuse idée hypocrite du "partenariat privilégié". Il est triste de voir qu'un homme de la qualité de Robert Badinter ait soutenu une telle personne dans l'accession à la présidence du mouvement.

Au delà de la France, c'est bien l'ensemble de l'UE qui est aujourd'hui opposé à l'adhésion de la Turquie : 48%. 39% étant favorables à cette adhésion. Pour les adversaires de cette adhésion, l'entrée de la Turquie pourrait créer une augmentation des inégalités socio-économiques et un danger de voir l'UE noyée dans les conflits d'une région instable politiquement. Néanmoins, une étude intéressante de la politologue britannique d'origine turque Amanda Akçakoca rappelle à juste titre les conséquences néfastes que provoquerait un rejet de la Turquie par les européens. La Turquie pourrait se détourner des valeurs de l'Occident et se rapprocher des valeurs de ses autres voisins. En attestent les récentes décisions du gouvernement turc de renforcer ses liens avec le Proche-Orient, l'Asie centrale et la Russie.

L'UE comme la Turquie ont néanmoins souligné le fait qu'elles ont besoin l'une de l'autre. Aucun Etat membre de l'UE n'a d'ailleurs remis en cause le processus d'adhésion. Les partisans de l'entrée de la Turquie dans l'UE ont donc de quoi rester optimiste. Et l'optimisme sera indispensable pour faire face à la démagogie populiste des adversaires de l'entrée de la Turquie dans l'UE qui semblent ne pas comprendre ce qu'est le pragmatisme géopolitique.

Par Florian Ringuet-Dintilhac - Publié dans : politic-actu
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /Nov /2006 20:58

            Voilà, DSK ne sera pas le candidat du PS en 2007. Avec un peu plus de 60% des suffrages des militants, Ségolène Royal réalise un score sans appel. Bravo à elle. Les militants ont choisi de donner la plus forte légitimité possible à leur candidat en l'élisant dès le premier tour de façon massive. Pour la première fois dans notre pays, une femme va représenter un parti en mesure de remporter une élection présidentielle.

Lemonde.fr

Des deux autres compétiteurs, Laurent Fabius peut être le plus déçu. Avec 18% des suffrages, il se classe dernier et perd du terrain par rapport au Congrès du Mans de l'an dernier où il avait dépassé les 20%. Probablement le début de la fin pour le social-étatisme. Il était temps.

DSK n'a pas créé la surprise qu'il espérait : affronter Ségolène Royal dans un second tour où il aurait eu toutes ses chances. Le candidat social-démocrate a des raisons de se consoler. Il s'impose enfin comme un chef de courant incontournable au sein du parti. Avec un peu plus de 20% des suffrages, il se classe devant Laurent Fabius et fait de la social-démocratie une réalité au sein d'un parti socialiste français en retard sur ses voisins européens. Une chose est sûre : pour l'emporter en 2007, Ségolène Royal aura besoin d'un DSK devenu le chef de file des sociaux-démocrates français. DSK ne sera pas le candidat du PS en 2007 mais il a fait des idées social-démocrates un élément indispensable à la victoire de Ségolène Royal en 2007. L'efficacité économique, la solidarité sociale, l'engagement européen devront être au coeur de la campagne de Mme Royal si elle souhaite l'emporter en 2007. La social-démocratie n'a jamais été aussi forte dans notre pays. Merci DSK! Le vote des militants socialistes est donc loin d'être décevant pour les strauss-kahniens. La mutation du PS en un vrai parti social-démocrate européen commence avec le vote des militants socialistes d'hier soir. L'aventure social-démocrate commence aujourd'hui. La rénovation du PS est en marche, grâce à DSK. Vive la social-démocratie! Vive DSK!

Voici la déclaration, pleine d'espoir, faite par DSK aujourd'hui sur son blog :

"Ségolène Royal a été désignée. Elle est désormais la candidate de tous les socialistes. Je la félicite de son beau résultat et je lui souhaite bonne chance. Le PS est d?ores et déjà rassemblé.

Je salue Laurent Fabius et je lui suis reconnaissant du geste d?amitié qu?il a eu à mon égard.

Je remercie tous les militants qui ont participé à ce débat - dont le parti socialiste sort grandi - et plus particulièrement les 37 000 militants qui m?ont apporté leurs voix. Leur engagement est à la fois une reconnaissance et un encouragement à continuer de faire valoir une orientation social-démocrate qui n?avait jamais été portée avec cette force et cette netteté dans le parti socialiste.

Je suis persuadé que ces idées - la priorité sociale, la confiance, l?engagement européen, l?internationalisme - ont une audience bien plus grande encore et sont indispensables au succès de la gauche à l?élection présidentielle.

Le combat que j?ai mené, et que je poursuivrai avec beaucoup d?autres, participe du renouvellement du parti socialiste que les militants appellent de leurs voeux.

L?heure est maintenant à la mobilisation pour battre la droite.

La mienne est totale.

Plus que jamais, je suis au service du Parti socialiste, de la gauche et de la France.

dsk"

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Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /Nov /2006 10:20

            Dominique Strauss-Kahn a accordé une interview au journal Le Monde daté du samedi 4 novembre. Vous pouvez lire cet entretien en cliquant sur le lien ci-contre : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-830386,0.html 

Jeudi soir, DSK était en meeting à Lille. Il a à nouveau aborder les thèmes qui lui sont chers : le plein-emploi, la social-démocratie moderne, le rapport de la gauche avec le pouvoir, la réforme des retraites, un président qui agit, ...

Je vous propose de lire des extraits du compte-rendu de ce meeting fait par le journal Nord Eclair du 3 novembre :

"(…) C’est un Dominique Strauss-Kahn précis et détendu qui a fait étape à Lille hier soir. Public conquis, campagne rodée. Efficace.

(…) Il a l’oeil DSK, il a bien repéré au premier rang le premier adjoint de Martine Aubry, Pierre de Saintignon, et cet autre fidèle qu’est Yves Durand, le maire de Lomme. Pas anodin ? Sûr que « c’est un signe très prometteur »... Martine Aubry n’est pas là mais elle lui a envoyé « un message très cordial », alors…

 

 

On n’a pas refait l’histoire, juste rappelé que ceux qui étaient persuadés que DSK lâcherait avant la candidature, « ceux-là en sont pour leurs frais ». Candidat donc et encore plus maintenant, depuis qu’il sent un « frémissement » devenu un « mouvement ». DSK semble dopé par la campagne interne au PS, ce débat qui « a déjà un gagnant : le Parti socialiste.

(…)Un petit discours de la méthode aussi. DSK érige la vérité en valeur cardinale. « Depuis 81, nous avons été élus trois fois et, au bout de cinq ans, nous avons été trois fois battus (...) Nous devons quand même nous poser quelques questions sur la relation que nous avons, nous socialistes, avec la vérité ».

DSK insiste. « Dire : les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, ça c’est du Pasqua. Ce n’est pas la gauche ! ». Applaudissements. Dominique Strauss-Kahn veut se démarquer des marchands de rêves.

(…) Le projet de la gauche doit être un mouvement, un progrès, nous devons dire où on va ». Il enchaîne, c’est idéal comme transition pour résumer son projet, sur sa différence. Le plein-emploi dans moins de dix ans, c’est possible. La réforme des retraites, c’est promis. Un président qui ne soit pas « la vigie en haut du mat mais le capitaine qui mène le navire », c’est indispensable. L’économique comme objectif, la démocratie comme moyen, c’est son credo. Au jeu des questions-réponses avec la salle, pas de pièges. DSK griffonne quelques notes, rebondit comme un chat qui se lèche les babines. Une certitude, au moins, DSK ne boude pas son plaisir. En campagne, il se régale celui-là... "

Dernière minute : d'après le dernier sondage TNS-Sofres, à la question : « Voulez-vous me dire si vous souhaitez lui voir jouer un rôle important au cours des mois et des années à venir ? » :

Ségolène Royal a obtenu 55% de "oui" (+3 points)  

Dominique Strauss-Kahn 40% (+11 points)

Laurent Fabius 22% (+6 points)                                                                                               

Par Florian Ringuet-Dintilhac - Publié dans : politic-actu
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Jeudi 2 novembre 2006 4 02 /11 /Nov /2006 10:28

            Dominique Strauss-Kahn était mardi dernier en meeting à Libercourt dans le Pas-de-Calais. Le candidat à l'investiture socialiste a notamment déclaré que le plein emploi en moins de dix ans était un objectif possible à atteindre. Ce retour du plein emploi passant, selon DSK, par un retour de la confiance : "L'objectif je l'ai dit, c'est le plein emploi dans moins de dix ans. Alors on me regarde, et on me dit: attends, on ne peut pas faire cela. Moi je dis que nous pouvons le faire". "Ce qui manque c'est la confiance (...) On peut retrouver cette confiance, et si on peut retrouver cette confiance on peut marcher vers cet objectif de plein emploi". DSK a précisé sa définition du plein emploi : "Le plein emploi, ce n'est pas réduire à zéro le chômage, c'est: tous ceux qui veulent trouver un emploi peuvent trouver un emploi".

L'ancien ministre des finances de 1997 à 1999, période pendant laquelle 2 millions d'emplois ont été créés, a rappelé que le seul moyen de parvenir à ce plein emploi était de mettre en oeuvre une véritable social-démocratie moderne : "Ma priorité elle est claire, c'est l'économie pour servir le social. Mon objectif c'est le plein emploi. Ma ligne politique, c'est celle que j'ai dite, c'est la social-démocratie".

Rival de Ségolène Royal dans la course à l'investiture socialiste, DSK a taclé mardi soir cette dernière sur sa proposition de "jurys populaires" en rappelant que la priorité pour les français était de résoudre les vrais problèmes de fond et non de proposer des gadgets démocratiques : "Si on veut ramener à la démocratie les Français, il faut faire des propositions d'instances nouvelles bien sûr, ce que l'on appelle la démocratie participative, mais il faut surtout traiter les problèmes de fond des Français, ces problèmes sociaux, ces problèmes du chômage et de la précarité".

Mais DSK n'oublie pas que son adversaire principal n'est pas Ségolène Royal mais bien Nicolas Sarkozy. Ce matin sur France Info, DSK a regretté le super-cumul des fonctions de M. Sarkozy : "Etre ministre de l'Intérieur, surtout dans une période aussi difficile qu'aujourd'hui, c'est un travail à plein temps", "être ministre de l'Intérieur et président du Conseil général des Hauts-de-Seine, c'est déjà trop", "et en plus candidat à la présidence de la République, c'est évidemment quelque chose qu'on ne peut pas remplir dans 24 heures". "Il y a obligatoirement un aspect des trois qui en souffre, et comme je ne crois pas que ce soit le fait d'être candidat que Nicolas Sarkozy néglige, c'est peut-être son ministère". DSK a pris le contre-pied du ministre de l'Intérieur sur le dispositif légal concernant les mineurs coupables de violence : "Mais aujourd'hui le dispositif légal permet de condamner les jeunes de moins de 18 ans (...) Je ne crois pas qu'il faille fuir systématiquement dans la modification de la loi pour essayer d'excuser le fait que notre société devient plus violente".

Domnique Strauss-Kahn sera en meeting samedi à 18h30 à Strasbourg.

Par Florian Ringuet-Dintilhac - Publié dans : politic-actu
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Dimanche 29 octobre 2006 7 29 /10 /Oct /2006 10:11

            Après les deux premiers débats télévisés entre les trois prétendants à l'investiture socialiste, des doutes s'installent quant à la victoire assurée de Ségolène Royal lors du vote des militants. Les différentes enquêtes d'opinion montrent en effet une baisse significative de Mme Royal chez les sympathisants socialistes et un progrès certain de DSK. L'hypothèse selon laquelle les différents débats internes ou devant les caméras profiteraient à ce dernier est en train de se vérifier. Les importants sifflets essuyés par Ségolène Royal lors du débat devant les 6000 militants réunis au Zénith de Paris jeudi soir montrent bien la mauvaise passe dans laquelle se trouve la favorite des sondages ces derniers jours.

Conséquence : DSK a raison de croire plus que jamais à ses chances. Lors du second débat télévisé, il est apparu encore une fois comme le plus constructif et le plus crédible des 3 compétiteurs socialistes, même si Ségolène Royal a été la plus incisive. Dans une interview parue dans Libération daté de samedi 28 octobre, DSK affiche son optimisme : "Il y a une dizaine de jours, je sentais un frémissement en ma faveur, aujourd'hui, c'est un mouvement. J'ai toujours pensé que, lorsqu'on connaîtrait vraiment les candidats, nous sortirions du virtuel. Nous y sommes et les choses sont très ouvertes". Et il n'hésite plus à critiquer ouvertement Mme Royal : "Partir des sondages pour avancer des propositions n'est pas ma conception de la politique. Je m'interroge sur la méthode qui consiste à lancer des idées, comme l'encadrement militaire des jeunes délinquants ou les jurys populaires pour surveiller les élus, avant que l'entourage de Ségolène Royal n'effectue à chaque fois une sorte de rétropédalage".

Hier soir, en meeting dans un gymnase du XIIIème arrondissement de Paris, DSK s'est véritablement posé en candidat social-démocrate moderne. Il a dénoncé "l'absence de ligne" de Ségolène Royal et la "ligne d'hier" de Laurent Fabius. DSK entend ainsi proposer aux français "la social-démocratie de demain" en s'inspirant du modèle scandinave. Cette social-démocratie originale qu'il entend mettre en place en France pourrait bien devenir la nouvelle référence européenne. Affirmant, dans une critique adressée à Ségolène Royal, que "l'ordre n'est pas un projet politique", il s'est présenté comme "l'homme des solutions".

Au final, DSK sent "aujourd'hui un mouvement" en sa faveur chez les militants socialistes qui sentent bien que DSK est "l'aile marchante du PS, celle qui n'est pas tournée vers le passé".

Par Florian Ringuet-Dintilhac - Publié dans : politic-actu
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